La Hongrie d’Orbán face à ses démons

Orban
    Le Parlement européen s’est enfin décidé à sévir contre la Hongrie de Viktor Orbán le 12 septembre dernier. Le Conseil européen devra donc statuer sur le cas hongrois et sur l’application d’une éventuelle sanction, à savoir une suspension des droits de vote de Budapest à l’échelle européenne en raison d’un risque de violation grave des valeurs européennes. De plus, le non-respect de la dignité humaine, de la liberté, de la démocratie, de l’égalité et de l’État de droit vient s’ajouter aux conclusions déjà accablantes tirées par le Parlement européen, qui se base sur un rapport publié le 4 juillet dernier par l’eurodéputée néerlandaise Judith Sargentini. Afin de mieux comprendre la situation, un retour est nécessaire sur ce qui est reproché au trublion hongrois et à son premier ministre populiste Victor Orbán.
    Premièrement, le Parlement pointe des défaillances majeures dans le système constitutionnel et électoral. En effet, la juridiction en charge du respect de la Constitution hongroise n’a désormais plus les prérogatives pour s’opposer à une modification de la loi fondamentale sauf en cas de vice de procédure, ce qui permet au gouvernement de modifier ces lois librement, mettant ainsi en péril l’équilibre des pouvoirs dans le pays. Plus grave encore, le rapport illustre des manipulations durant le scrutin électoral qui s’est déroulé en mars dernier notamment par rapport à la diffusion de fausses informations et au non-respect du temps de parole public de chaque candidat.
    Deuxièmement, le Parlement met en lumière la question de la corruption qui gangrène par exemple les marchés publics hongrois, où 36% des marchés n’ont recueilli qu’une seule offre en 2016. De plus, la corruption guète aussi le secteur du bâtiment, secteur qui pourrait représenter à lui seul des dizaines de millions d’euros frauduleux.
    Troisièmement, le rapport dévoile de graves manquements au respect des libertés fondamentales. Pêle-mêle, le gouvernement a limité l’accès à l’information et aux médias privés, la liberté académique a été remise en question par le biais de restrictions concernant les universités étrangères, sans oublier les restrictions des libertés religieuses où Orbán a réduit à d’un tiers le nombre d’églises légalement reconnues dans le pays.
Enfin, l’une des critiques envers le régime hongrois les plus médiatisées rappelée par le Parlement est le traitement des minorités et le respect des droits fondamentaux des migrants. Ainsi, le rapport note la montée inquiétante du racisme et de l’intolérance en Hongrie. Il apparaît que les populations roms sont toujours stigmatisées entre ségrégation dans les écoles et intégration presque inexistante dans la vie sociale et professionnelle à l’âge adulte. Quant aux migrants, ces derniers subissent de plein fouet la politique xénophobe du pays et sont constamment refoulés dans des zones de transit extrêmement précaires où des mineurs se voient parfois refuser l’asile contrairement aux lois internationales.
    En conclusion, ce rapport met en lumière les pratiques autoritaires du premier ministre hongrois en nous rappelant bien malheureusement que l’Union Européenne comporte bien en son sein un État qui n’a que faire de ses valeurs.
Ambroise Payeur

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