Rafales indiens : les avions ne sont pas prêts de s’envoler

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Diploma’See · Dimanche 30 septembre 2018
    En 2016, le gouvernement indien et l’industriel français Dassault se félicitaient d’avoir signé un contrat de vente de 36 avions de combat, au terme de 10 ans de négociations à rebondissements.
C’était sans compter les révélations de Médiapart fin août 2018.
    Qualifié de ‘’contrat du siècle’’ par les médias, la vente de 36 avions de combat Rafale à l’Inde reflète des intérêts majeurs : Dans un contexte de tensions avec le Pakistan et de rivalité accrue avec son puissant voisin chinois, l’Inde cherche à augmenter son arsenal militaire.  C’est une nécessité stratégique pour son armée de l’air, à l’équipement obsolète et insuffisant.  Les fréquents accidents de ses avions russes en fin de vie leur valent le surnom de ‘’cercueils volants’’. Pour Dassault Aviation, c’est le soulagement : après des débuts difficiles, le Rafale connaît finalement le succès. D’un montant proche de huit milliards d’euros, c’est le contrat le plus cher jamais décroché par l’aéronautique militaire française. Le contrat profite également aux autres industriels impliqués dans les Rafale : Thalès pour l’électronique de bord, Safran pour les moteurs, MBDA pour les missiles. Pour la France, le contrat est une victoire diplomatique, qui ancre la présence française sur le continent asiatique et engage une relation durable avec la deuxième puissance d’Asie.
    Cependant, en septembre 2018, la société indienne est secouée par des accusations de corruption qui visent le premier ministre Narendra Modi. Le parti politique du Congrès dénonce le rôle privilégié qu’aurait joué un de ses proches, Anil Ambani, à la tête de Reliance, entreprise en faillite. Ce groupe indien a été choisi pour être le partenaire local de Dassault au détriment d’Hindustan Aeronautics, société aéronautique publique qui produit des avions depuis pourtant des décennies. Les retombées économiques pour Reliance sont juteuses puisque selon les lois de défense indienne et la clause d’offset comprise dans le contrat (mesure de compensation), Dassault doit réinvestir 4 milliards par coproduction, sous-traitance et transferts de technologies avec son partenaire, soit près de 50% du montant du contrat. Nouvel élément à charge : Médiapart cite dans le scandale François Hollande. L’ex-président français aurait expliqué au site indépendant que c’est l’Inde qui avait proposé Reliance comme unique interlocuteur pour négocier. La France n’aurait pas eu le choix que d’accepter l’intermédiaire imposé par l’Inde. En revanche, le journal India Today soupçonne Hollande de vouloir se dédouanner de sa responsabilité, alors qu’il avait la possibilité de contester la décision indienne en tant qu’actionnaire majoritaire de Dassault. Mediapart affirme en effet que le film « Tout là haut » produit par Julie Gayet aurait été financé à près d’1,6 millions d’euros par Anil Ambani et ce quelques jours avant la signature du contrat d’armement.
    Ces révelations suscitent la colère de la société idienne, menée par l’opposition politique. A neuf mois des prochaines élections, le Parti du Congrès sait mieux que quiconque les bénéfices qu’il pourrait en tirer. Il réclame la démission du Narendra Modi, à la tête du BJP, le parti nationaliste hindoue. Qualifié de « voyou » par son principal opposant Rahul Ghandi,  le premier ministre Modi qui prône habituellement le « make in India » se défend d’avoir fait pression sur Dassault pour choisir Reliance. Le ministère indien de la Défense a souligné que ni le gouvernement indien, ni le gouvernement français n’avaient eu leur mot à dire dans le choix de ce partenaire local. En revanche, la ministre indienne de la défense refuse de dévoiler le prix exact de chaque avion sous couvert de clause de confidentialité. Dassault Aviation a de son côté affirmé avoir sélectionné le groupe Reliance pour des raisons industrielles. La Cour suprême a réagi en suspendant le contrat et entend mener son enquête. Contournement des règles, entente avec un industriel et dissimulation du prix : les apparences sont accablantes, mais reste à prouver des faits. Le scandale fera-t-il tomber le premier ministre ?
Marie

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